Home Politique DURÉE DE LA TRANSITION: UNE ALLIANCE POLITIQUE APPELLE AU RESPECT DU CHRONOGRAMME

DURÉE DE LA TRANSITION: UNE ALLIANCE POLITIQUE APPELLE AU RESPECT DU CHRONOGRAMME

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UNE NOUVELLE ORGANISATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ET DES PARTIS POLITIQUES A ÉTÉ EMPÊCHÉE CE LUNDI 20 FÉVRIER PAR DES JEUNES INSTRUMENTALISÉS DE TENIR SA CONFÉRENCE DE PRESSE DE LANCEMENT. A CETTE OCCASION, LA NOUVELLE ORGANISATION A EXPRIMÉ SA POSITION SUR DES SUJETS D’INTÉRÊTS NATIONAUX À TRAVERS UNE DÉCLARATION DONT LE CONTENU A ÉTÉ LIVRÉ À LA PRESSE.

Le nouveau regroupement est composé de l’Espérance JIGIYA- KURA, de la CMAS, du RDA-MALI, du Forum de la société civile, du NVPM, de l’ACRT FASSO KA WELE, la Référence syndicale des magistrats du Mali, l’Action gouvernance et droits humains, Mali Débout, du FND, du Collectif des députés de la 6eme législature.
Dans leur déclaration, ces organisations de la société civile, des partis et regroupements politiques s’opposent déjà à plusieurs initiatives et réformes de la transition et font siens les appels demandant au Président de la Transition de renoncer au projet d’élaboration d’une nouvelle Constitution.
« Cette demande est fondée sur le constat que la Constitution du 25 février 1992 demeure en vigueur et qu’aucune norme de droit positif ne donne compétence au Président de la Transition pour prendre l’initiative d’élaborer une nouvelle constitution et par conséquent passer à la 4ème République », affirme la nouvelle organisation, soutenant par ailleurs que le Pouvoir en place ne peut donner aucune justification juridique ou politique pertinente à une telle entreprise qui est à la fois irrégulière et inopportune.
En effet, outre ce front de la société civile et des partis politiques, l’illégalité du président de la transition de conduire ce processus est soulevée par de nombreuses personnalités politiques qui appellent à son abandon.
En revanche, d’autres estiment que la constitution est muette sur la rédaction d’une loi Fondamentale. Donc, pour les partisans de ce processus, tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, selon un adage juridique.

La nouvelle constitution ne pourra faire sortir le Mali de la crise
Elle a indiqué que cette entreprise (la rédaction de la nouvelle constitution) qui n’est nullement un passage obligé pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel suscite déjà, en certaines de ses dispositions, l’opposition voire une levée de bouclier des composantes importantes de notre peuple, à savoir les religieux, les ex rebelles signataires de l’Accord de Paix d’Alger et une partie de la diaspora malienne.
Pour cette organisation, les fonds qui sont y destinés, environ quatre milliards de F CFA, doivent trouver un meilleur usage dans un pays dont les populations sombrent dans la misère, n’ont pas accès aux services sociaux de base et vivent dans la hantise des exactions des groupes armés.
La nouvelle organisation est toutefois convaincue qu’une nouvelle Constitution imposée par la force des armes ne pourrait faire sortir le Mali de la crise multidimensionnelle qu’il connait depuis de nombreuses années et éviter à notre pays la pérennisation de mauvaises élections, de la mauvaise gouvernance, de l’impunité, du népotisme, de l’insécurité et du délitement de l’État.
S’agissant du retour à l’ordre constitutionnel qui doit être effectif avec la présidentielle programmée en février 2024, la nouvelle alliance politique rappelle l’attachement du peuple malien au respect de la parole donnée alors que de plus en plus, des voix proches des Autorités de la Transition préparent l’opinion à l’abandon du chronogramme initial adopté par le Conseil National de Transition (CNT).
En effet, des soutiens de la transition plaident pour une prorogation de la durée initiale sous prétexte qu’il faut instaurer d’abord la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
« Prenant à témoin l’opinion nationale et internationale sur le fait que ces initiatives sont potentiellement porteuses des germes d’une instabilité post-électorale dont notre pays n’a nullement besoin », alerte la nouvelle alliance politique.
A cet effet, au nom de la stabilité, de la paix, les signataires de la déclaration réitèrent avec force leur demande d’abandon du projet d’élaboration d’une nouvelle Constitution, tout en invitant instamment le Président de la Transition à veiller scrupuleusement au respect du chronogramme de la Transition qui prévoit la fin de la transition en mars 2024.
« Nous appelons tous les patriotes et démocrates à s’unir et à agir avec détermination et fermeté pour obtenir l’abandon du projet d’élaboration d’une nouvelle constitution et le respect de l’achèvement du retour à l’ordre constitutionnel en mars 2024 », lance l’alliance politique, promettant d’œuvrer par tous les moyens légaux à l’aboutissement de leurs requêtes et au respect du chronogramme de la Transition.

La plateforme condamne l’agression des ennemis de la démocratie
La conférence n’a malheureusement pas pu se tenir convenablement à cause de l’intervention musclée des jeunes ayant fait éruption dans la salle. La suite : des agressions au sein de la Maison de la presse qui ont fait des blessés et des dégâts matériels importants.
Le lendemain, les membres de cette nouvelle alliance dans un communiqué conjoint disent être surpris et scandalisés par la tentative heureusement contenue par leurs militants d´empêcher la tenue de leur point de presse dont le seul objectif était de faire connaître leur opposition à l’élaboration d’une nouvelle constitution en violation des règles élémentaires de l´État de droit et de réclamer le respect par les autorités de la Transition du chronogramme sur lequel elles se sont engagées.
Ils rappellent que la liberté d’expression et la liberté de réunion participent des conquêtes qui ont permis à notre pays de tourner définitivement la page de la dictature par l’instauration d´un Etat démocratique respectueux des libertés et droits fondamentaux.
A cet effet, ils condamnent avec la dernière énergie l’agression barbare et injustifiée perpétrée par des ennemis de la démocratie manipulés par des forces qui veulent museler le peuple malien par l’intimidation et la peur.
« Que ces forces sachent que les responsables, les membres et les sympathisants de la plate-forme de l’Appel du 20 février 2023 pour Sauver le Mali ne fléchiront pas dans la lutte engagée aujourd’hui. Ils continueront, par toutes les voies légales et avec l’appui de toutes les forces démocratiques à se battre pour le respect des principes démocratiques et des valeurs républicaines », déclarent-ils dans leur communiqué.
Par ailleurs, ils invitent les autorités compétentes à poursuivre les vandales qui ont saccagé la Maison de la Presse et à leur faire subir les rigueurs de la loi.

PAR SIKOU BAH

Source : Info Matin

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