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ENTRE NOUS : LES AGENDAS AU NORD DU MALI

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L’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger est dans une impasse totale. La demande de la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) à tenir une réunion d’urgence sur un terrain neutre a reçu une fin de non-recevoir des autorités maliennes de transition qui rejettent tout échange en dehors du territoire national. Et cela, malgré le lobbying de l’Algérie qui ne voyait aucune objection à ce que cette rencontre se tienne dans sa capitale, là où le processus a démarré en 2014.

Le Colonel Assimi Goïta et son gouvernement ont un agenda. Les groupes armés notamment ceux de la CMA en ont un autre. Chacun essaie de pousser l’autre à la faute. Aucun camp ne veut porter la responsabilité de la rupture. Les semaines, voire les mois à venir pourront être décisifs quant à l’avenir de l’accord issu du processus d’Alger.

Si les colonels tentent de conserver le pouvoir, ils ouvriront un autre front avec le pari de « récupérer Kidal ». Par contre, s’ils veulent partir en organisant les échéances électorales, ils ménageront les susceptibilités dans la gestion du dossier de l’accord. Chacune des deux options comporte des risques et des inconvénients.

La première option peut drainer derrière les autorités une frange importante de l’opinion. Un soutien populaire dont il est difficile de prédire l’ampleur pour deux raisons fondamentales. La première est relative aux effets néfastes de la cherté de la vie sur les populations. La seconde concerne le grand clivage existant entre les forces sociales et politiques du pays. Dans un environnement sous-régional et international quasi-hostile au gouvernement de la transition, cette option comporte des risques majeurs pour la préservation de l’intégrité territoriale du Mali. La communauté internationale et les Etats de la sous-région craignent tous les conséquences dévastatrices d’une rupture brutale de l’accord sur la stabilité. Hier 1er  Février 2023, une forte délégation d’Ambassadeurs et de Diplomates accrédités au Mali essentiellement d’Etats membres de la Médiation Internationale au Mali, du Conseil de Sécurité de l’ONU et du Comité de Suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger s’est rendue à Kidal dans le cadre d’une mission de « bons offices ». Selon Attaye Ag Mohamed de la CMA, cette mission se fixe pour but principal de mieux s’imprégner de la situation d’arrêt depuis plusieurs semaines de tous les Mécanismes d’interactions autour de l’Accord d’Alger et dont le dénouement dépendra inconditionnellement des résultats d’une réunion réitérée par la CMA et la Plateforme avec la médiation internationale en terrain neutre.

La deuxième option aura l’avantage de préserver l’équilibre précaire. En attendant l’installation des autorités légitimes issues des élections, les deux parties se feront des arrangements sous l’arbitrage de la communauté internationale. Aujourd’hui, il faut encourager, voire amplifier la dynamique qui permet à certains directeurs régionaux de faire un job extraordinaire au service des populations.

Elle permettra de préserver des « acquis » en évitant un embrasement général dont nul ne peut prédire les conséquences. Les groupes armés djihadistes qui se battent dans leur quête territoriale ont un ennemi commun : les Forces armées de défense et de sécurité du Mali. Iyad Ag Agaly est devenu très mobile ces derniers jours avec des apparitions publiques relayées via des canaux de propagande.

Revisitons ces propos tenus, le 24 septembre 2016, par le Président de la Convention Sociale Démocrate (CDS-Mogotiguiya) Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise : « Si les problèmes demeurent par nature les mêmes, en degré ils se sont exacerbés, la crise au nord a connu des nouvelles mutations : rébellion, séparatisme, djihadisme et autres. En somme, un fantasmagorique jeu des ombres dont les ficelles sont tirées par l’étranger et dont la résolution du puzzle réclame surtout plus d’intelligence politique et de doigté diplomatique, que d’armes et de munitions ».

Par Chiaka Doumbia

Source: Le Challenger

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