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INSTITUT UNIVERSITAIRE DE GESTION : DES ÉTUDIANTS MANIFESTENT CONTRE LA GRÈVE ILLIMITÉE DES PROFESSEURS

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Avec des pancartes et des affichages à la main, plus d’une centaine d’étudiants s’étaient, tôt le lundi 20 février 2023, réunis pour protester contre la grève illimitée décrétée par les professeurs de l’Institut universitaire de Gestion de Bamako. Les manifestants s’opposent à la situation de leur université et réclament la reprise des cours.

Au nombre de plus d’une centaine de personnes, les protestataires ont voulu interpeller les plus hautes autorités du pays, de même que les professeurs grévistes en vue de la reprise des cours au sein de l’Institut. « Non à la grève illimitée, non au boycott des examens » ; « nous les étudiants de l’IUG disons non à la grève illimitée et aux crises incessantes » ; « trop c’est trop » ; « on veut étudier, on veut s’inscrire », lit-on sur les affichages brandis en l’air par les manifestants. Comme slogan du jour, les manifestants scandaient : « non à la grève illimitée, on en a marre ». Dans une déclaration commune, les étudiants ont mis l’accent sur certains points. Parmi lesquels figurent, entre autres, la non-correction des copies du semestre III pour la promotion 2019 de l’institut ; la non-évaluation du semestre I et II de la promotion 2020 et 2021, le boycott des inscriptions des étudiants depuis le 24 février 2022 à nos jours. Aussi, soulignent-ils, l’une des raisons de cette manifestation reste la grève illimitée décrétée courant le 13 février dernier par les professeurs. « C’est tous ceux-ci qui nous poussent à sortir en brisant notre silence et en disant non à la grève illimitée et aux crises incessantes au sein de l’Institut universitaire de gestion », informe le porte-parole Diarra. Des crises incessantes qui, selon les étudiants, ne cessent de paralyser la tenue régulière des cours au sein de l’IUG. « Nous les étudiants de l’IUG, témoigne le porte-voix des manifestants, nous vivons dans l’enfer aujourd’hui ». Une situation qui se traduit par le fait que l’IUG considéré comme référence par la passé a, déplore-t-on, tendance à perdre sa valeur d’antan de nos jours. « Cela fait au total quatre ans que nous sommes là, mais la bourse ne nous a été remise qu’une seule fois. La raison en est que nous ne nous sommes inscrits qu’une seule fois. Au niveau du département ministériel passant par le rectorat, ils font comme s’ils ne sont au courant de rien, alors que nous traversons ici le désastre », enchainent les mécontents du jour. A l’institut universitaire de gestion, avoue-t-on, rien ne marche présentement. « Nous sommes dans un institut censé faire la gestion, mais la gestion de la structure elle-même est mauvaise. Nous lançons un appel aux plus hautes autorités pour qu’elles revoient la situation de l’IUG, sinon l’institut a tendance à disparaitre », vont-ils alerter. D’un langage qui ne souffre d’aucune ambigüité, les plaignants du jour déclarent réclamer leurs droits à l’éducation garantis par la constitution du 25 février 1992 du Mali. « On veut simplement étudier. Il faut que nous soyons évalués à temps. C’est ce dont nous voulons ». S’accusant d’être longuement restés dans le silence, les protestataires rassurent avoir ainsi opté de réclamer leurs droits. Même si le droit à l’éducation et le droit à l’instruction sont constitutionnellement prévus, la question se pose aussi à savoir si le droit à la grève n’est-il pas stipulé dans l’article 21 de la même constitution. En tout état de cause, il revient toujours aux responsables et autorités universitaires de trouver un consensus à ce problème, permettant aux étudiants de reprendre les cours. L’appel des jeunes restera-t-il sans suite en ce moment de bras de fer entre les responsables universitaires et les professeurs grévistes ?

Mamadou Diarra

Source: LE PAYS

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