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DÉCLARATION « VA-EN GUERRE » DE AMADOU ALBERT MAÏGA : UNE POLITIQUE D’UN POIDS DEUX MESURES ?

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Depuis sa déclaration sur une possible reprise des hostilités pour reprendre Kidal, les réactions ne cessent de tomber autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Mali. Après la CMA, la médiation internationale, l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA/PASJ) vient, elle aussi, remplir la gourde de condamnation des propos de Amadou Albert Maïga. Pour beaucoup, ces propos « va-en-guerre », mettent à mal les efforts de la médiation pour la paix et la réconciliation nationale.  

Ces dernier temps, une vidéo de Amadou Albert Maïga, membre du Conseil National de Transition(CNT), est devenue très virale sur les réseaux sociaux. Cette vidéo dans laquelle il fait une analyse personnelle de la montée en puissance de l’armée malienne à l’instar de pas mal de citoyens maliens est qualifiée de déclaration « va-en-guerre », par certains voire qui anéantissent les efforts de la médiation pour la paix et la réconciliation nationale pour d’autres.

Après la Coordination des Mouvements de l’Azawad, notamment à travers, Mohamed Elmaouloud Ramadane, un des porte-parole du Mouvement et la médiation internationale SUR L’ETAT DE MISE EN ŒUVRE DE L’ACCORD POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION AU MALI, ISSU DU PROCESSUS D’ALGER, l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA/PASJ) vient elle aussi d’apporter sa pierre à l’édifice de condamnation, comme si la personne et la déclaration de Amadou Albert pouvait engager l’Etat du Mali. Bien que membre du Conseil National de Transition (CNT), non moins secrétaire parlementaire, la personnalité de Amadou Albert n’a aucune valeur juridique pour représenter l’Etat du Mali. Dans le concert des Nations, seuls le président de la république ou le président de la transition pour notre cas, le premier ministre et le ministre des affaires étrangères peuvent valablement représentés un Etat. Pour le cas spécifique en face, les voix du ministre de la défense et des anciens combattants et le Ministre de la Réconciliation Nationale, de la Paix et la Cohésion Nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation peuvent également porter.

Alors qu’à notre connaissance, il n’y a jusqu’à présent aucune déclaration hostile à la paix et à la réconciliation au niveau des responsabilités citées. D’ailleurs, les plus hautes autorités de la transition ont toujours lutté contre et démenti officiellement que contrairement « aux allégations mensongères » l’achat et l’équipement de l’armée se fait uniquement contre les groupes armés terroristes (GAT).

Donc, il serait mal saillant d’associer cette déclaration d’un individu à la volonté politique d’un Etat.

D’ailleurs, combien de fois, des responsables qui peuvent engagés la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) ont fait des sorties hasardeuses compromettant l’Accord de paix et de la réconciliation nationale sous l’inférence totale de ceux qui se portent en défenseurs de la paix d’aujourd’hui ? Je citerais juste en illustration les différents congrès des groupes armés signataires de l’accord à Kidal où un prétendu drapeau de l’ « Azawad » flotte durant des jours entiers. Jamais de condamnation ferme.

Soucieux pour la paix, l’Etat du Mali n’a daigné faire un communiqué pour le désapprouver, voir pour condamner ces actes.

Pour revenir au sujet, la sortie de Amadou Albert Maïga est certes condamnable, mais qu’on cesse avec la politique d’un poids deux mesures face à ce sujet hautement sensible quand on veut résoudre de bonne fois cette crise du Nord.

Issa Djiguiba

Source : LE PAYS

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