Home Actualites KIDAL : COMMENT RAISONNER LES GROUPES ARMÉS ?

KIDAL : COMMENT RAISONNER LES GROUPES ARMÉS ?

22
0

RETRANCHÉS À KIDAL, LES GROUPES ARMÉS INDÉPENDANTISTES DU NORD SONT EN RUPTURE AVEC LES AUTORITÉS QUI N’ENTENDENT PAS CÉDER AUX EXIGENCES DES EX-REBELLES. RÉSULTAT, LE PROCESSUS DU SUIVI DE L’ACCORD D’ALGER A PRIS UN COUP DUR AVEC LE RETRAIT DES GROUPES ARMÉS. POUR APLANIR LES DIFFÉRENDS, PLUSIEURS PAYS SE MOBILISENT AFIN QUE LA RUPTURE NE SOIT PAS DÉFINITIVE. DEPUIS QUELQUES SEMAINES, LA COORDINATION DES MOUVEMENTS DE L’AZAWAD (CMA) MULTIPLIE LES DÉCLARATIONS HOSTILES AUX AUTORITÉS, EN DEMANDANT NOTAMMENT UNE RENCONTRE SUR UN TERRAIN NEUTRE POUR DISCUTER DES DIFFICULTÉS AVEC LE GOUVERNEMENT.

Ainsi, le premier février 2023, une délégation d’ambassadeurs et de diplomates accrédités au Mali se sont rendus à Kidal. Les visiteurs étaient essentiellement des représentants d’Etats membres de la médiation internationale, du Conseil de Sécurité de l’ONU et du Comité de Suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger. Sous le format d’une mission de « Bons offices », la délégation comporte également des Haut représentants d’institutions internationales et sous régionales, à savoir : l’Organisation des Nations Unies (ONU) à travers la MINUSMA, l’Union Africaine (UA), la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union Européenne(UE) et le Centre Carter qui est l’Observateur indépendant pour l’Accord pour la paix et réconciliation(APR).

Cette mission tente de donner un nouveau souffle au processus de paix en se fixant comme objectif principal de mieux s’imprégner de la situation d’arrêt depuis plusieurs semaines de tous les mécanismes d’interactions autour de l’Accord d’Alger. Selon des sources proches de la délégation, le dénouement dépendra inconditionnellement des résultats d’une réunion réitérée par la CMA et la Plateforme avec la médiation internationale en terrain neutre. Mais le gouvernement estime qu’il n’est pas nécessaire de parler du Mali en dehors du territoire national, les Maliens devant trouver les moyens de s’entendre sur les sujets d’intérêt national entre eux.

La délégation de bons offices était censée rencontrer les responsables de la CMA conduites par le Alghabass Ag Intalla. Dans ce contexte tendu, les rapports se dégradent entre les autorités de la transition et les groupes armés indépendantistes. On se souvient récemment que la CMA a réagi négativement au Décret N*2023-0055/PT-RM du 27 janvier 2023, portant nomination des membres de la Commission chargée de la finalisation du projet de Constitution. En effet, antérieurement à sa décision de suspendre sa participation aux mécanismes de mise en œuvre et de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger, la CMA avait communiqué un nom au gouvernement de Transition pour la finalisation du projet de constitution en cours.

Mais suite à la réunion de son bureau exécutif tenue du 07 au 09 décembre 2022, la CMA a adressé au chef de file de la médiation une correspondance dans laquelle elle demande une rencontre bilatérale en terrain neutre suivie du communiqué du CSP-PSD du 21 décembre 2022 consacrant la suspension par les mouvements signataires des mécanismes de suivi et de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Elle a informé par conséquent l’opinion nationale et internationale ainsi que la médiation internationale qu’elle ne prendra pas part à la Commission chargée de la finalisation du projet de Constitution.

Ensuite, la même occasion a été saisie par la CMA pour se démarquer des déclarations du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, à la tribune des Nations Unies le 27 janvier 2023 qui a parlé d’élans freinés dans la mise en œuvre de l’Accord par les mouvements signataires. Pour la CMA, il s’agit d’une dégradation évidente du processus consacrant un net recul d’intérêt de la partie gouvernementale à l’Accord de paix. En fait, la Coordination des mouvements réitère avec insistance sa demande de réunion en un lieu neutre avec la médiation internationale pour discuter de la viabilité de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.

Soumaïla Diarra

Source : Le Pays

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here